Après la disparition prématurée du marchand-collectionneur Paul Guillaume le 1er octobre 1934, une partie de ses archives a été conservée par sa veuve, Domenica Guillaume puis Walter (de son vrai nom Juliette Lacaze). Au décès de cette dernière en 1977, l’ensemble des documents a été transmis à Jean Bouret (1914-1979), critique d’art et écrivain, son dernier compagnon et légataire universel. Le fils de celui-ci, Alain Bouret en a fait don aux musées nationaux en 2006 suivant un processus commencé en 2003 qui s’est poursuivi jusqu’en 2011. Le fonds issu de l’activité de Paul Guillaume, se compose principalement d’ensembles de lettres, de coupures de presse, de catalogues d’expositions de la Galerie Paul Guillaume et de photographies.
Ces archives (près de 1350 documents) ne témoignent pas de la dimension commerciale des activités de Paul Guillaume. Les mots de Michel Hoog, directeur du musée jusqu’en 1992, en guise de préface au livre de Colette Giraudon (Paul Guillaume et les peintres du XXe siècle, Paris, La bibliothèque des arts, 1993) restent d’actualité : « il aimait entourer d’opacité tout ce qui avait trait à ses affaires. Sa personnalité n’est pas plus facile à cerner, tant il se plaisait dans l’énigme ».
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Plan de classement du fonds Bouret
Correspondance
Environ 270 lettres adressées à Paul guillaume sont conservées dans les archives du musée. Celles-ci reflètent, à la manière d’un miroir brisé, certains fragments de l’histoire de l’activité du marchand, de ses relations amicales et professionnelles. Plusieurs correspondants se distinguent au sein d’un ensemble très divers.
Les lettres de Guillaume Apollinaire à Paul Guillaume sont au nombre de 31 alors que l’autre versant des échanges, plus abondant, se trouve au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Elles éclairent leur dialogue durant les années décisives de la trajectoire de Paul Guillaume, aussi brève qu’éclatante. D’un très remarquable intérêt, elles ont fait l’objet d’un ouvrage (Guillaume Apollinaire/Paul Guillaume, Correspondance, édition de Peter Read, Art et Artistes, Paris, 2016, Gallimard/Musée de l’Orangerie).
Nombre d’interlocuteurs méritent d’être cités. Une vingtaine de lettres d’André Derain, une douzaine signée de Giorgio de Chirico ou autant de Marie Laurencin, trois de Matisse témoignent des liens et du travail de Paul Guillaume avec les artistes qu’il montre et vend dans ses galeries successives. Il échange avec certains collectionneurs au premier rang desquels Albert Barnes qu’il conseille activement durant les années 1920, avec les critiques et historiens de l’art (Carl Einstein, Félix Fénéon, André Salmon …) et des écrivains ou poètes (Max Jacob, Jean Cocteau, Francis Carco ...)
Les archives renferment enfin une vingtaine de brouillons ou de copies de lettres de Paul Guillaume à différents destinataires.